
PUGNAT Pierre
Pierre Pugnat, physicien, chef du projet de l’aimant hybride de Grenoble au LNCMI (CNRS, EMFL, Univ. Grenoble-Alpes) et physicien chercheur associé au CERN en tant que porte-parole des expériences OSQAR.
Je suis un physicien « hybride » dont les activités alternent entre celles d’un chercheur senior en physique fondamentale et celles d’un physicien appliqué ou ingénieur. J’ai été contacté en 2008 par le directeur du laboratoire LNCMI-Grenoble pour prendre en charge le projet d’aimant hybride visant à produire un champ magnétique continu de 42+T en combinant les technologies résistives et supraconductrices. Lorsque j’ai rejoint Grenoble, j’avais déjà en tête de construire le plus puissant haloscope de type Sikivie pour la recherche de la matière noire axionique, dans la continuité de la physique que j’ai initiée et dirigée au CERN depuis 2002 avec les expériences OSQAR [1] [2]. J’ai commencé ce sujet de recherche au CERN parallèlement à mes activités principales de R&D entièrement consacrées aux aimants supraconducteurs du grand collisionneur de hadrons, le LHC. Un haloscope de type Sikivie est un détecteur de laboratoire pour des particules cosmiques bien particulières. Il détecte la conversion en photons dans un champ magnétique intense de particules très faiblement interagissantes supposées présentes dans le halo de notre galaxie en tant que composante principale de la matière noire, et/ou provenant d’événements extraordinaires dans l’univers tels que les supernovae. Grâce au champ et flux magnétique intenses fournis par la plateforme modulaire aimant hybride du LNCMI-Grenoble et à l’expertise de l’Institut Néel en matière de cryogénie à ultra-basse température et pour les amplificateurs quantiques, des haloscopes d’une sensibilité dépassant l’état de l’art sont en cours de construction au sein de la collaboration GrAHal (Grenoble Axion Haloscopes). Cette collaboration inclut également une équipe de l’IBS Corée du Sud (DMAG, ex-CAPP) pour le développement des cavités RF accordables à haut Q nécessaires à l’amplification du très faible signal, ainsi qu’un groupe de physique théorique du LPSC Grenoble. Comme le prévoient également plusieurs extensions du modèle standard de la physique des particules pour expliquer le problème CP-fort, je suis pleinement convaincu qu’il existe des potentialités de découvertes majeurs en physique des particules à ultra-basse énergie, i.e. sub-eV, grâce à l’aimant hybride de Grenoble, qui entre dans sa phase d’exploitation jusqu’à 42 T. Soyez à l’écoute, découvertes majeures ou non découvertes importantes à venir ;-)…
- Grenoble
